Skip to content Skip to footer

Habicoop était invitée le 3 février dernier à l’évènement de clôture de l’année internationale des coopératives 2025, organisé par le mouvement coopératif français COOP FR. Retour sur le déroulé de cette journée.

Clôture Année internationale des coopératives, 3 février 2026

Le mouvement coopératif s’est rassemblé le 3 février 2026, au Conseil économique, social et environnemental (CESE), pour clore une exceptionnelle Année internationale des coopératives 2025.
Coopératives agricoles, de commerçants, d’artisans, maritimes, de salariés, d’utilité sociale, d’usagers, d’habitants, HLM, de consommateurs ou bancaires : toutes, réunies au sein de Coop FR, organisation représentative du mouvement coopératif français, ont réaffirmé avec force leurs valeurs et leurs puissances coopératives.
Les 300 participants ont salué la diversité des secteurs représentés et l’énergie collective qui a animé cette matinée rythmée par des tables rondes et des temps forts marquants.

LES « PUISSANCES COOPÉRATIVES », UNE RÉALITÉ TANGIBLE

Thierry Beaudet, président du CESE — composé de 82 organisations, dont le Groupe de la Coopération — s’est intéressé à la notion de puissances coopératives. Loin d’une simple figure de style, a-t-il rappelé, « les chiffres parlent d’eux-mêmes ». Ancien dirigeant mutualiste, il a souligné la place centrale et décisive des coopératives au sein de l’économie sociale et solidaire (ESS) : « Les coopératives sont les (trop) rares structures de l’ESS à avoir réussi leur passage à l’échelle. »

Une affirmation illustrée par le mur de marques coopératives déployé de part et d’autre de l’hémicycle.
Les coopératives ont démontré qu’un autre modèle entrepreneurial est possible, capable de rivaliser avec l’économie dite classique. Cette réussite, loin d’être le fruit du hasard, repose sur les fondamentaux du modèle : démocratie économique, partage de la valeur, gouvernance collective. « Le modèle coopératif est une voie d’avenir. »

LE POIDS DU MOUVEMENT COOPÉRATIF À L’ÉCHELLE MONDIALE

Accueilli par Bastien Sibille, secrétaire général de Coop FR, Jeroen Douglas, directeur général de l’Alliance coopérative internationale, a rappelé l’ampleur du mouvement coopératif mondial et souligné une réalité forte : la France est le premier pays coopératif au monde.

« Nous sommes 3 millions de coopératives dans 165 pays, représentant 285 millions d’emplois décents et une base de 1,1 milliard de membres. Les coopératives constituent l’alternative la plus aboutie au capitalisme brut. La France a été l’un des grands moteurs de l’ESS. Ce modèle montre la voie : s’éloigner d’un capitalisme centré sur la seule rentabilité financière pour revenir à une économie profondément humaniste. »

LA COOPÉRATION EXPLIQUÉE PAR LES ENFANTS

Moment particulièrement marquant par sa fraîcheur et sa spontanéité : « Dis, c’est quoi une coopérative ? », une émission en direct du CESE animée par Radio Pili, projet porté par l’OCCE. Parce que la coopération s’apprend dès le plus jeune âge, Coop FR a invité une classe de CM2 de l’école de Belleville (Paris 20ᵉ) à interviewer un coopérateur et une coopératrice.
Engagés dans un projet de découverte de l’ESS, les élèves ont posé des questions « à hauteur d’enfant » à Reine Grosheny, présidente du Conseil de surveillance de Coop Atlantique, et à Anthony Le Huche, président de la Coopérative maritime turballaise.
 Conclusion sans appel des élèves : « La coopérative n’a pas de défaut ! »


Un beau moment de transmission où il a été question d’engagement et d’idéal, de poisson à la cantine, de valeurs et de générations futures, de démocratie et de fierté d’être en coopérative ! Une séquence très applaudie !

PERFORMANCE ÉCONOMIQUE ET ANCRAGE TERRITORIAL

Deux tables rondes ont illustré la performance économique et sociale du modèle coopératif dans des secteurs variés : pharmacie, banque, artisanat, agriculture, logement. Les échanges ont mis en lumière la fidélité à l’identité coopérative, mais aussi la forte empreinte territoriale de ces entreprises : non délocalisables par nature, réinvestissant dans l’outil de production et redistribuant localement la valeur créée, au plus près des sociétaires et des bassins de vie.

DAVID CONTRE GOLIATH

Les témoignages de Priscille Szeradzki, directrice générale de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, et d’Alain Di Crescenzo, président de la Fédération nationale des Caisses d’Épargne, ont illustré la solidité et la résilience du modèle coopératif bancaire. 
A.Di Crescenzo a rappelé une réalité marquante, mise en évidence dans l’étude Caisse d’Epargne “Les coopératives, un modèle d’avenir” réalisée en 2025 : si les Français connaissent encore peu les coopératives, ils en partagent profondément les valeurs. La performance coopérative s’incarne chaque jour pour les Caisses d’Epargne à travers des actions concrètes, au cœur de leur Contrat d’Utilité et de leur modèle, guidé par une ambition claire : être plus proches et plus utiles des personnes et des territoires.
« Les coopératives sont puissantes, ce n’est pas du folklore !» Pour P. Szeradzki, « la clé du succès des banques coopératives, c’est que notre valeur se régénère. Elle est dans l’entreprise : nos réserves sont impartageables, elles appartiennent à la collectivité présente et surtout future. Au Crédit Mutuel, nous avons conscience qu’on empreinte l’entreprise aux générations futures.»
Domitille de Bretagne, présidente de Giropharm, a rappelé combien la coopérative constitue un soutien collectif essentiel à l’exercice élargi des officines, au service des patients sur l’ensemble du territoire. Preuve éclatante de performance : telle David contre Goliath, la coopérative de pharmaciens a récemment racheté un groupe près de trois fois plus important qu’elle.
Stéphane Windsor, directeur général de l’ORCAB — union de coopératives d’artisans du bâtiment — a quant à lui démontré les bénéfices concrets pour les artisans adhérents, la coopérative constituant un véritable prolongement de leur activité.

« NOUS NE SOMMES PAS DES ALGECOS,
NOUS SOMMES DES CATHÉDRALES »

Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole, a insisté sur les enjeux de transmission et de pérennité des entreprises coopératives, capables de traverser les crises, de s’adapter et de durer sur plusieurs générations.
Il a rappelé que les coopératives agricoles sont à la fois premier investisseur privé des territoires et premier employeur de la ruralité.
« Notre mission première est la pérennité de l’activité dans les territoires, pas la rentabilité à court terme. (…) Nous ne sommes pas des algécos, nous sommes des cathédrales ! »
Ces propos ont fait écho à l’intervention de Marie-Noëlle Lienemann, présidente de la Fédération des Coop’HLM, soulignant la convergence entre mission de service public et identité coopérative.
La loi ESS du 31 juillet 2014, permettant aux collectivités de détenir jusqu’à 50 % du capital d’une Scic, a renforcé l’ancrage territorial des coopératives HLM, dont plus de 60 % sont aujourd’hui constituées sous ce statut.
Illustration concrète avec MontCapel, chapellerie emblématique de la Haute-Vallée de l’Aude, dans le village de Montazels (500 habitants), reprise par ses salariés en 2019 sous forme de Scic et qui associe donc toutes les parties prenantes. Sonia Mielke, présidente de MontCapel, a témoigné de la dynamique territoriale générée par la sauvegarde de ce fleuron industriel, de son savoir-faire et de son patrimoine.
Une revitalisation territoriale qu’on retrouve dans la dynamique de l’habitat coopératif, un troisième modèle pour le logement qui vise à résoudre la crise du logement abordable en zone urbaine ou rurale, souvent à partir de bâtiments existants. La coopérative d’habitants, collectif singulier, est une réponse face au premier coût en France. Non spéculative, elle réinvente la vie en commun, rupture culturelle majeure. « On observe depuis une dizaine d’années, que ce modèle est performant et équilibré, qui s’adapte territorialement.», conclut Lionel Pancrazio, président d’Habicoop.

UN SOUTIEN POLITIQUE AFFIRMÉ

Entre les deux tables rondes, Carole Delga, présidente de Régions de France, est intervenue en tant que grand témoin, réaffirmant le rôle stratégique des coopératives dans l’économie territoriale.

« Il est temps de reconnaître la reprise coopérative comme une voie normale, et non comme une exception. C’est une solution éprouvée, pleinement pertinente, qui doit être considérée au même titre que toute autre forme de transmission. », Carole Delga, présidente de Régions de France

Elle a confirmé l’engagement des Régions à promouvoir le modèle coopératif, un modèle de projet partagé, de démocratie économique et d’ancrage territorial.
Un message relayé depuis la salle par Marie-Agnès Poussier-Winsback, députée de Seine-Maritime et vice-présidente de l’Assemblée nationale.

DU « JE » AU « NOUS » : UN DESTIN COLLECTIF

Le soutien politique s’est également incarné dans l’intervention du ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat.  Rappelant son passé de coopérateur et le rôle d’ascenseur social des coopératives, Serge Papin a témoigné avec conviction de la performance du modèle coopératif : « Un modèle unique qui conjugue le Je et le Nous. »

Dans un discours vibrant, Jérôme Saddier, président de Coop FR, a appelé à écrire une nouvelle page de l’histoire coopérative française, à l’approche du 80ᵉ anniversaire de la loi de 1947 portant statut de la coopération.

« Les coopératives peuvent assumer leur responsabilité dans une reconstruction économique si elles ne sont pas disqualifiées en raison de leur modèle. Nous ne demandons pas de traitement de faveur, mais l’égalité de conditions et de considération pour pouvoir nous développer. », Jérôme Saddier, président de Coop FR

Il a plaidé pour la levée des freins juridiques, une meilleure protection du modèle coopératif lorsqu’il est attaqué, et un financement adapté à ses spécificités.  Appelant à une ambition publique comparable au « choc coopératif » souhaité en 2013, il a mis en avant la résilience, la capacité d’innovation et la contribution des coopératives à la souveraineté économique française — autant de thèmes portés dans le cadre de la stratégie nationale de développement de l’ESS en cours d’élaboration.
Et de conclure : « Les coopératives peuvent assumer leur responsabilité dans une reconstruction sociale si le principe même de coopération l’emporte dans le champ politique. Coopérer pour l’Humanité future devient un impératif moral. »

DISCOURS COMPLET DE JÉRÔME SADDIER [lien]

Restez informé.es !
Inscrivez-vous à notre NEV
Nouvelles En Vrac

Contactez-nous

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

Pour adhérer à la Fédération

Une info, une annonce à faire passer ? Écrivez-nous à communication@habicoop.fr